Hôpital de Melun : Quelle est la situation, après la mise en redressement judiciaire des cliniques Saint-Jean et L’Ermitage ?

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La mise en redressement judiciaire des cliniques Saint-Jean/L’Ermitage ouvre une  période où des propositions de rachat du groupe en faillite
peuvent être déposées.
Au moment où ce communiqué est rédigé deux établissements ont fait une proposition de reprise :
– Le groupe privé Saint-Gatien qui possède déjà la clinique des Fontaines à Melun, la clinique de La Forêt à Fontainebleau, la clinique de Tournan-en-Brie, la clinique Saint-Faron à Mareuil-les-Meaux ainsi que 4 autres cliniques en France. C’est l’un des principaux groupes de santé privée en France avec 1 200 lits, plus de 1 800 salariés, 330 000 patients…
– Le Groupement Hospitalier du Sud Ile de France (GHSIF), c’est-à-dire l’hôpital public de Melun.

Cette dernière solution semblait aller dans le bon sens. Elle permettait d’intégrer dans l’hôpital public les 224 lits de chirurgie et les 16 blocs opératoires propriété des cliniques. Leurs personnels pourraient ainsi garder leurs emplois et être intégrés dans la fonction publique hospitalière. Mais est-ce vraiment la solution recherchée ?

On peut en douter en lisant les déclarations du directeur de l’hôpital relatées par Le Parisien du 22 février : l’offre de rachat formulée par l’hôpital « vise à prolonger plusieurs années de collaboration et de partenariat, à maintenir les équilibres public-privé et à conserver l’ensemble des salariés ».

Si les mots ont un sens, cela signifie que l’hôpital public renflouerait les cliniques privées qui resteraient… des cliniques privées ! Ce que confirme l’Agence Régionale de Santé (ARS) pour qui le repreneur -quel qu’il soit- serait tenu « au respect de la convention signée entre la clinique Saint-Jean/L’Ermitage et l’hôpital afin de constituer une véritable plate-forme public-privé, dans le respect des intérêts de chacune des structures, des personnels et des malades ». L’ARS ajoute qu’elle « s’emploie à ce que le montage initial de la plate-forme public-privé soit respecté (…) Quelle que soit l’issue de la procédure, il n’y aura à terme à Melun qu’une seule clinique et qu’un seul hôpital ».

Il s’agit là des conséquences des lois Bachelot et Touraine qui ont conduit tous les hôpitaux de France dans une situation catastrophique. Politique que Mme Buzyn, ministre de la santé du gouvernement Macron-Philippe veut amplifier en fermant lits et services avec la fusion des hôpitaux et la mise en place des Groupements Hospitaliers de
Territoires(GHT)

Aucune des solutions : le rachat par le groupe privé Saint-Gratien ou le rachat par l’hôpital qui serait tenu de respecter le caractère privé des cliniques Saint Jean et L’Ermitage ne va dans le sens de la défense d’un l’hôpital à 100% public avec tous
ses services, tous ses lits et tous les personnels nécessaires.

Pour le comité du POID de l’agglomération melunaise, il n’y a pas d’autres solutions conformes aux intérêts de la population que de mettre fin totalement au partenariat public-privé. Les cliniques Saint-Jean et L’Ermitage, en faillite, doivent être nationalisées sans indemnité ni rachat. Les 224 lits de chirurgie privée doivent devenir 224 lits de chirurgie publique.

Les 16 blocs opératoires privés doivent devenir 16 blocs opératoires publics. Les 270 salariés des cliniques ne doivent pas être licenciés et doivent être intégrés s’ils le souhaitent dans la Fonction publique hospitalière. Melun le 23 mars 2018